Mis à jour en octobre 2026
La facturation électronique (ou e-invoicing) est obligatoire en France pour la réception de factures depuis le 1er septembre 2026 pour toutes les entreprises, et pour l’émission à partir du 1er septembre 2026 (grandes entreprises et ETI) et du 1er septembre 2027 (PME et micro-entreprises). Entre nouveaux sigles, formats techniques et acteurs réglementés, le vocabulaire de la réforme peut vite devenir complexe.
Ce glossaire définit plus de 40 termes essentiels, classés par thème, avec des liens vers nos articles détaillés. Pour la vue d’ensemble, consultez notre guide complet de la réforme de la facturation électronique.
- Les bases de la facturation électronique
- Les acteurs et les plateformes
- Les formats et les standards de données
- Les flux et les processus techniques
- Les obligations réglementaires et fiscales
- Les statuts, contrôles et traçabilité
- Les aspects métiers et organisationnels
- FAQ
- Conclusion
Les bases de la facturation électronique
Facture électronique (e-Invoicing)
Une facture électronique n’est pas un simple PDF. C’est l’ensemble du processus d’émission, de transmission et de réception de factures dans un format électronique structuré, contenant des données normalisées lisibles automatiquement par les systèmes informatiques. Elle garantit la conformité fiscale et la traçabilité des flux sans intervention papier. Voir Comment réussir son projet e-invoicing.
Dématérialisation
Transformation de documents papier en documents numériques. Une facture PDF envoyée par e-mail est dématérialisée mais n’est pas une facture électronique au sens de la réforme. Voir la différence entre facture électronique et facture dématérialisée.
E-reporting
Transmission à l’administration fiscale des données de transactions et de paiement non couvertes par l’e-invoicing : ventes aux particuliers (B2C) et opérations avec l’étranger. Elle complète l’e-invoicing et doit permettre à terme de préremplir la déclaration de TVA. Voir e-reporting : définition, qui est concerné, obligations.
B2B, B2C, B2G
- B2B (business to business) : échanges entre entreprises. Les factures B2B domestiques passent par une Plateforme Agréée.
- B2C (business to consumer) : ventes aux particuliers, couvertes par l’e-reporting.
- B2G (business to government) : échanges avec le secteur public, via Chorus Pro. Voir les flux G2G et G2B.
Mentions obligatoires
Informations devant figurer sur une facture. La réforme en ajoute de nouvelles. Voir Quelles sont les mentions obligatoires ?
Les acteurs et les plateformes
Plateforme Agréée (PA)
Plateforme immatriculée par l’administration fiscale (DGFiP) pour émettre, recevoir et transmettre les factures électroniques. Elle contrôle la conformité des factures, assure leur transmission sécurisée au destinataire et fait remonter les données fiscales à l’administration. Voir Comment choisir sa Plateforme Agréée.
PDP (plateforme de dématérialisation partenaire)
Ancienne appellation des plateformes agréées. Le terme PDP a été remplacé par PA.
PPF (portail public de facturation)
Ancien portail public prévu par la réforme. L’État y a renoncé : les échanges entre entreprises passent désormais par des plateformes agréées.
Chorus Pro
Portail public dédié aux factures B2G. Il reste utilisé pour les échanges avec le secteur public, tandis que le secteur privé passe par les PA. Selon la PA choisie, elle peut être connectée directement à Chorus Pro.
Annuaire central
Base de données nationale de l’administration qui indique où chaque entreprise souhaite recevoir ses factures et via quelle Plateforme Agréée. Elle garantit que les factures arrivent au bon endroit. Voir L’Annuaire dans la réforme.
Adresse électronique de facturation
Adresse de routage (et non une adresse e-mail) qui indique où envoyer les factures d’une entreprise. L’émetteur interroge l’annuaire, via sa PA, pour la connaître. Voir Comment choisir ses adresses électroniques.
KYC / KYB (Know Your Customer / Know Your Business)
Vérification de l’identité d’une entreprise et de son représentant légal. Les Plateformes Agréées doivent identifier les entreprises qu’elles connectent avant d’activer leur service.
Opt-in (désignation de la PA)
Accord par lequel une entreprise désigne la Plateforme Agréée chargée de recevoir ses factures. Cette information permet ensuite de paramétrer l’annuaire de l’administration fiscale.
Solution Compatible
Solution d’un éditeur de logiciel conforme à la Réforme de la Facturation Electronique. Le logiciel est rattaché à une Plateforme Agréée en marque grise. Il garde sa relation commerciale et la Plateforme Agréée l’aspect technique de la réforme. On appelle cet acteur : une Solution Compatible.
Marque grise
Mode de partenariat par lequel un éditeur de logiciel propose à ses clients une Plateforme Agréée intégrée à son logiciel, sous sa propre marque. Le client reste libre de choisir une autre PA. Voir Marque grise PA : le guide complet pour les éditeurs.
Les formats et les standards de données
Factur-X
Format hybride français : un PDF lisible par l’humain avec un fichier XML structuré embarqué. Il est souvent adapté aux TPE et PME et simple à émettre.
UBL (Universal Business Language)
Format XML international très détaillé, très utilisé en Europe (notamment via PEPPOL). Il est souvent privilégié pour les grandes entreprises et les échanges transfrontaliers.
CII (Cross Industry Invoice)
Format XML développé par l’UN/CEFACT, très structuré et précis. Il convient aux environnements complexes et aux besoins d’automatisation avancés.
Voir Factur-X, UBL, CII : quel format choisir et Anatomie d’une facture électronique.
EN 16931
Norme européenne qui définit le modèle de données d’une facture électronique. Les formats reconnus (Factur-X, UBL, CII) s’appuient sur elle. Voir EN 16931 et ViDA.
Mapping
Correspondance entre les champs de deux formats : par exemple, conversion d’un message EDI, IDoc, CSV ou XML vers l’un des formats structurés autorisés. Le mapping garantit la compatibilité entre ERP, PA et formats réglementaires.
PEPPOL
Réseau international d’échange de documents électroniques, utilisé dans plusieurs pays européens. Voir Réseau PEPPOL et la facturation électronique.
Les flux et les processus techniques
Cycle de vie d’une facture
Étapes d’une facture électronique : création dans l’ERP, transmission via une PA, réception et validation par la PA du client, partage des statuts, archivage. Chaque étape est tracée. Voir Comment fonctionne le cycle d’une facture électronique ?
Interopérabilité
Capacité des systèmes (ERP, outils métiers, plateformes) à communiquer et échanger des données de façon fluide, sécurisée et normalisée. Pour les PA, c’est la capacité à échanger entre elles.
Portabilité
Possibilité de changer de Plateforme Agréée sans rupture dans la réception et l’émission des factures. Voir Portabilité entre PA.
API (Application Programming Interface)
Interface logicielle qui permet à des systèmes (ERP, PA, outils comptables) d’échanger des données automatiquement, souvent en temps réel. Voir API, connecteurs et formats de la PA Hubtimize.
EDI (Échange de Données Informatisé)
Mode d’échange électronique standardisé entre systèmes (EDIFACT, XML…), utilisé depuis des années. Il reste compatible avec l’e-invoicing à condition d’intégrer les données fiscales exigées. Voir EDI : définition, fonctionnement et cas d’usage.
Auto-facturation
Mode de facturation où l’acheteur établit la facture au nom de son fournisseur. Voir Auto-facturation et réforme : les 3 modèles techniques.
Phase pilote
Étape de test avant déploiement à grande échelle : génération des factures, transmission via la plateforme, réception par les partenaires. Elle permet d’identifier les anomalies et d’ajuster les paramétrages. Voir Pourquoi la phase pilote est essentielle.
Les obligations réglementaires et fiscales
Loi de finances
Loi annuelle votée par le Parlement qui encadre les recettes et les dépenses de l’État. Pour la facturation électronique, les lois de finances successives ont fixé le calendrier et les sanctions (dont la loi de finances pour 2026). Voir les sanctions dans le guide complet.
Validation fiscale (contrôles de conformité)
Vérification automatique d’une facture : mentions légales, taux de TVA, SIREN, format. Elle est effectuée par la PA de l’émetteur avant l’envoi, puis par la PA du destinataire à la réception.
Piste d’audit fiable (PAF)
Ensemble de contrôles documentés qui permettent de relier une facture à la livraison ou à la prestation correspondante. Elle sert à justifier la conformité en cas de contrôle.
Archivage électronique
Conservation des factures sous forme électronique pendant les durées légales [jusqu’à 10 ans pour les pièces comptables : à valider], avec intégrité et accessibilité garanties. Voir Archivage des factures électroniques.
Archivage à valeur probante
Archivage qui garantit l’intégrité, l’authenticité, la lisibilité et la traçabilité des documents dans le temps, afin qu’ils puissent servir de preuve en cas de contrôle ou de litige. Certaines PA le proposent en option.
Signature électronique
Garantit l’authenticité et l’intégrité de documents dans certains contextes. Pour une facture échangée via une PA, elle n’est pas obligatoire, la plateforme assurant la conformité.
Les statuts, contrôles et traçabilité
Statuts de facture
Chaque facture électronique suit un cycle de statuts partagés entre l’émetteur, l’acheteur et les plateformes. Les principaux statuts obligatoires sont les suivants.
Déposée
La facture a été déposée sur la plateforme de l’émetteur. Aucun contrôle de fond n’a encore été réalisé.
Rejetée
La facture a été rejetée lors des contrôles techniques ou de conformité de la plateforme. Elle doit être corrigée puis redéposée.
Refusée
L’acheteur a refusé la facture pour un motif métier (par exemple une erreur sur la commande ou le montant). L’émetteur doit émettre une facture rectificative ou un avoir.
Encaissée
Le fournisseur a reçu le paiement de la facture. Ce statut est transmis par l’émetteur.
Traçabilité
Capacité à suivre l’historique complet d’une facture, de sa création à son archivage. Les plateformes l’assurent par des identifiants uniques et la journalisation des échanges.
Les aspects métiers et organisationnels
Supervision des flux
Surveillance des statuts, des rejets et des délais pour anticiper les erreurs et garantir la conformité continue. C’est un rôle clé pour les directions financière et informatique.
Automatisation des processus
L’e-invoicing s’inscrit dans une démarche de digitalisation plus large : intégration à l’ERP, contrôles automatiques, rapprochement comptable, reporting. Voir Automatiser l’Order-to-Cash avec l’EDI.
Conformité
Respect des obligations légales : format, mentions obligatoires, transmission via une Plateforme Agréée. Voir Non-conformité : risques et plan de rattrapage.
FAQ
C’est l’ensemble du processus d’émission, de transmission, de réception et d’archivage de factures dans un format électronique structuré, via des plateformes agréées.
L’e-invoicing concerne les factures B2B domestiques. L’e-reporting concerne les données de transactions non couvertes par l’e-invoicing (B2C, international) et certaines données de paiement.
Une plateforme immatriculée par la DGFiP, qui permet d’émettre, de recevoir et de transmettre des factures électroniques et d’envoyer les données fiscales à l’administration.
Factur-X (hybride PDF + XML), UBL et CII (XML).
PDP est l’ancien nom des plateformes agréées, désormais appelées PA.
Conclusion
Le vocabulaire de la facturation électronique évolue avec la réglementation et les technologies. Bien comprendre ces termes permet d’anticiper les impacts sur votre organisation et d’aborder la réforme plus sereinement. Pour aller plus loin, consultez notre guide complet de la réforme.
